Bretagne: Femme à terre, homme en mer

Dia064.0026A chacun son territoire. A l’homme la mer, à la femme la terre. Ils vivaient, elle et lui, dans une maisonnette juchée sur la dune. La vie, qui les avait naguère unis, n’était jamais parvenue à les séparer. Aucun des deux n’eût pu imaginer son existence sans l’autre. Ici étaient nés et avaient grandi leurs enfants avant que la destinée les emmenât vers d’autres rives.

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Cowboy: naissance d’un mythe

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Nous autres, enfants européens, sommes devenus cowboys très jeunes. En fouillant dans mes souvenirs, il me semble même que nous l’avons toujours été. Certes, les chevaux de nos parents avaient pour unique mission de tirer la charrue et les chars de foin mais au moins avions-nous, dès notre plus jeune âge, approché un cheval et ressenti, le jour où pour la première photographie on nous posa un instant sur son dos, l’incommensurable différence qui sépare le piéton et l’homme à cheval. Le danger de la situation, la vision que nous eûmes à cet instant précis de la cour de ferme, des adultes rapetissés et du molosse, tellement dérisoire désormais, qui jappait au pied de notre monture, il me semble qu’ils ne nous étaient même pas totalement inconnus. Sans doute nous avaient-ils été transmis par les chromosomes. Bref, nous étions nés cowboys.

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Louisiane au coeur

Je suis revenu en Louisiane avec une crainte chevillée au cœur : ne pas retrouver, perdus dans l’envahissant magma américain, nos lointains cousins, leur âme, leur langue et leur pétulante tendresse. Crainte confirmée à la Nouvelle-Orléans. L’ouragan Katrina n’a fait qu’accélérer une triste évolution : le Vieux-Carré se donne toujours en spectacle mais, dans les discrètes courettes intérieures, les petites gens ont disparu au profit de bobos anglophones qui se soucient du passé français comme d’une guigne. Seul le cimetière St Louis conserve dans la pierre le souvenir de familles à jamais évanouies.

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Vivre avec une momie

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Vivre avec UNE momie, c’est le lot de nombre d’entre nous mais nous ne  sommes  pas, pour autant, archéologues! Vivre avec DES momies,  la chose est plus rare et combien plus passionnante. Ils  sont actuellement une douzaine – tous Français – à fouiller  un site extraordinaire dans le désert libyque égyptien, quatre cents kilomètres  à  l’ouest  de  la vallée du Nil.ivre avec UNE momie, c’est le lot de nombre d’entre nous mais nous ne  sommes  pas,  pour autant, archéologues! Vivre avec DES momies,  la chose est plus rare et combien plus passionnante. Ils  sont actuellement une douzaine – tous Français – à fouiller  un site extraordinaire dans le désert libyque égyptien, quatre cents kilomètres  à  l’ouest  de  la vallée du Nil.

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14 Juillet en Corse

Ce qui devait arriver arriva, les deux hommes se rencontrèrent, dégainèrent et Napoléon tomba, baigné dans son sang. Ce n’était pas encore assez pour le père outragé qui, allumant un grand feu, y jeta le corps de son ennemi. Traduit en cour d’assises, l’assassin fut remis en liberté. Il ne restait plus à Jean-Camille Nicolaï qu’à se venger. Le 14 juillet, alors qu’il se rend aux festivités républi­caines organisées à Porto-Vecchio, le père assassin tombe raide mort, atteint de deux balles, dans les bras de gendarmes atterrés.

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Rio Cauca, Colombie

Cheval et marangaAu début du XXè siècle, une voie ferrée avait été construite le long du rio Cauca (région de Pereira, Colombie) pour atteindre les nouvelles zones de production de café. Des villages s’étaient créés le long de la voie mais, dans les années 1950, il est devenu plus pratique d’acheminer le café par la route, construite au sommet des collines. Du coup, le seul lien entre les villages étant la voie ferrée abandonnée, les habitants ont inventé la marana, simple plateau sur roulettes, d’abord poussé à l’aide de pieux puis tirées à grande vitesse par les gamins à cheval.

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Tchin-Chine 1980

Macao, un vendredi matin. La navette rapide vient de m’amener de Hong-Kong, en moins d’une heure. Je monte dans l’autobus équipé de deux jeux de plaques d’immatriculation, l’un de l’enclave portugaise, l’autre de Chine. Sont déjà installés, appareil photographique sur le ventre, une bonne quinzaine d’Américains, une Française, deux Espagnols et quatre Asiatiques portant riche, sans doute des Chinois établis quelque part en Asie du Sud-Est. Tous touristes.

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Rideau de fer, connais pas. Les formalités de douane sont légères, les fonctionnaires souriants et débonnaires. Ni barbelés, ni miradors. Mais une tasse de thé offerte à chacun, tandis que le chauffeur remplit un formulaire pour l’autobus et qu’une famille américaine se fait photographier sous le portrait de Mao.

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Amérindiens

A la fin du printemps, je me trouvais en Tchoukotka. C’est les pays des Tchouktches, une peuplade de quelques milliers d’habitants répartis sur un territoire grand comme dix fois la Suisse à l’extrémité de la Sibérie, onze fuseaux horaires de Genève, via St Pétersbourg, l’Oural et les immensités sibériennes gelées. J’ai passé avec les 200 Tchouktches du petit village d’Enurmino assez de jours pour les observer, dans leurs traits, dans leurs comportements.


Chukchi_family_oldUne famille tchouktche au début du XXe siècle (Wikipedia)

Et je ne pouvais pas me départir de l’idée que je les avais déjà rencontrés, eux ou leurs cousins, quelque part entre la Bolivie, les Etats Unis et le Québec. Le peuple des premiers Américains, ce pourrait bien être eux.

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Mariage khmer

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Kamput, l’un des camps de réfugiés cambodgiens en territoire thaïlandais. Un camp plutôt petit, quelques milliers de réfugiés dans une clairière cernée par de lourds barbelés et surveillée en permanence, du haut de trois miradors, par des soldats de l’armée thaïe. Et pourtant, ce samedi après-midi, c’est la fête. Tang, qui est arrivé voilà sept mois de la province de Battambang, épouse Maï qui est, elle,  originaire d’une région très proche de la frontière.

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