Cahier photos

 

005 MB pho 994  C’est Maximilien Bruggmann, photographe suisse réputé, qui a réalisé tous les clichés de ce livre. Vous pouvez accéder à ses deux sites:

Site personnel de Maximilien Bruggmann

– Les Amis de Maximilien Bruggmann

Soumises au droit d’auteur, les photos de Maximilien Bruggmann sont présentées ici en faible définition. Les légendes détaillées se trouvent en fin de page.

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1 La mer démontée, dans la baie des Blancs-Sablons

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2 La pointe du Raz et le phare de la Vieille

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3 La forêt de Huelgoat

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4 La côte ouest de l’île d’Oues­sant

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5 L’allée couverte de la Roche­-aux-Fées / 6 Les alignements de Kerma­rio, à Carnac

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7 Le tumulus de Gavrinis

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8 Le menhir de Kerloas

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9 Le château de Vitré

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10 Le château de Josselin

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11 Retable polychrome à Commana / 12 Vitrail de la chapelle de Notre-Dame du Crann / 13 Eglise et calvaire à Guimiliau

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14 Coiffe du Pays glazik

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15 La Troménie de Locronan

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16 L’Enfer, fresque du XVe siècle à Kernascléden / 17 Le calvaire de Notre-Dame de Tronoën / 18 Jubé de la chapelle de Saint-Fiacre / 19 La chapelle de Saint-Tugen

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20 Sortie de la messe à Pont-l’Abbé

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21 Le pardon de Sainte-Anne-d’Auray

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22 Coiffes de Pont-l’Abbé

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23 Construction d’une harpe celtique / 24 Le travail du sabotier

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25 Fest-noz à Naizin / 26 Sonneurs de bombarde et biniou-koz / 27 Sonneur de bombarde / 28 Sonneur de biniou-bras lors d’un défilé de bagadou / 29 Danses traditionnelles à la fête de Cornouaille (Quimper)

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30 Coiffe et collerette du Pays de Fouesnant / 31 Coiffe et costume du Pays de Quimper / 32 Coiffe et costume du Pays de Fouesnant / 33 Coiffe de l’île de Sein

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34 Homme en costume bigou­den

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35 Coiffe et costume du Pays bigouden (Pont-l’Abbé)

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36 Un homme de la mer

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37 Retour de pêche à Audierne

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38 Criée aux poissons à Concar­neau / 39 Le déchargement des sardines à Concarneau /  40 Quelques poissons de l’océan

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41 Nettoyage des filets à Audierne

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42 Marée basse à Erquy

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43 Pêcheur proposant une vieille

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44 Paysage du sud du Finistère

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45 Réparation des casiers à homards

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46 Nouvelle peinture de prin­temps

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47 Plateau de fruits de mer / 48 Araignées de mer / 49 Arrivée des langoustes à Audierne

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50 Parcs à huîtres à Cancale

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51 Les bateaux meurent aussi…

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52 Navire-école de la Marine française

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53 Intérieur d’une maison d’Ouessant / 54 Fileuse à Ouessant

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55 Une maison de l’île d’Oues­sant

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56 Une épave sur la côte d’Ouessant  /  57 Le gardien du phare de Saint-Mathieu  /  58 Moutons de l’île d’Ouessant

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59 Le phare de Créac’h à Oues­sant

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60 Marée basse sur l’île de Batz / 61 Ramassage du goémon sur l’île de Batz

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62 Colonie de fous de Bassan aux Sept-Iles

63 Goéland argenté

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64 Le bourg de l’île de Sein / 65 Femmes de Sein / 66 Arrivée du bateau du matin à Sein

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67 Le phare de la Vierge

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68 Maison bretonne, moderne mais traditionnelle

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69 Vieille ferme dans la forêt de Paimpont / 70 Intérieur d’une maison bre­tonne / 71 Dans le Parc naturel régional d’Armorique

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72 Femme d’un hameau du Morbihan

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73 Cueillette des artichauts / 74 Ferme du Morbihan

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75 La vieille ville de Vannes / 76 La confection des galettes au sarrasin

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77 Aérodynamisme à la mode du Pays bigouden

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78 Les marais de la Brière / 79 Mélanie Trémodeux dans les marais de Brière

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80 La station de télécommunica­tions spatiales de Pleumeur-Bodou / 81 Chantier naval à Saint-Nazaire

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82 Architecture touristique à la Baule

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83 Femme portant la coiffe du Pays bigouden

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84 Le Mont-Saint-Michel

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85 La cathédrale de Coutances

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86 Le château de Fontaine-Henry / 87 L’abbaye de Saint-Wandrille

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88 La Tapisserie de la reine 89) Mathilde à Bayeux

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90 Ferme du Calvados

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91 Fermière normande / 92 Fabrication du fromage de Livarot / 93 La cour d’une ferme nor­mande

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94 Pommiers en fleurs dans le Pays d’Auge

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95 Manoir en Pays d’Auge /96 Une distillerie de calvados / 97 Paysan normand

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98 Rouen et la Seine

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99 Vieux quartiers de Rouen

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100 Les falaises d’Etretat

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101 Le vieux bassin de Honfleur

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102 Plage de sable du Cotentin

 

Légendes détaillées

1

Force et démesure de l’océan. Cette photographie, prise dans l’anse des Blancs-Sablons, au nord du Conquet (Finistère), pourrait l’avoir été en mille autres lieux où les vagues du grand large viennent se fracasser sur les rochers granitiques de la vieille Bretagne. On observe bien les rouleaux verdâtres, dont la souple harmonie ne doit pas ras­surer. L’énergie dévastatrice dont ils sont porteurs se libère au con­tact de la pierre et fait jaillir des faisceaux d’écume immaculée, comme le ferait l’effet d’une bombe. Nul doute qu’ici, la nature a préséance sur l’homme et que les Bretons, qu’ils soient pêcheurs, marins ou décou­vreurs, ont dû mesurer leur adversaire avant de le vaincre et de l’utiliser.

2

La pointe du Raz (Finistère). Ici finissent les terres – ou plutôt les roches – de Bretagne. L’arête rocheuse s’enfonce dans les eaux comme l’épine dorsale d’un dra­gon assoupi. Les vagues ne cessent jamais de battre la côte déchiquetée et, au-delà de la pointe, le Raz de Sein est sou­mis, quatre fois par jour, à des courants d’une extrême intensi­té, conséquence du décalage entre les marées de l’Atlantique et de la Manche. La navigation peut y être périlleuse et on ne compte plus les embarcations que la tempête a envoyées par le fond.

Ma barque est si petite et la mer est si grande!

Mon Dieu, secourez-moi dans le passage du Raz.

Cette prière bretonne dit bien la crainte qu’inspire aux marins ce décor de fin du monde. Mais n’évite pas qui veut le Raz de Sein. Les pêcheurs d’Audierne en route vers le nord, les canots de relève pour le phare de la Vieille et les liaisons maritimes avec l’île de Sein croisent forcé­ment dans les parages.

3

La mare aux Sangliers, dans la forêt de Huelgoat (Finistère). C’est un très beau site de la Bre­tagne intérieure, avec ses immenses blocs érodés, émer­geant çà et là, dans un paysage au relief tourmenté, parmi les chênes, les hêtres et les pins syl­vestres. Comme son nom l’in­dique, l’eau de la rivière d’Argent éclabousse de perles argentées les nombreuses cascades mais, sitôt calmée, elle reprend sa teinte tourbe, ajoutant un peu au sombre mystère du lieu. Près de la mare aux Sangliers se trouve la grotte d’Artus où le roi Arthur, héros breton des Chevaliers de la Table-Ronde, venait, dit la légende, se désaltérer à une fon­taine étincelante. A l’époque, la forêt de Huelgoat, qui ne couvre plus aujourd’hui que 600 hecta­res, constituait une infime partie de l’immense forêt recouvrant toute la Bretagne intérieure.

4

Côte ouest de l’île d’Ouessant (Finistère). La mer, qui attaque infatigablement les rochers, en détache de multiples pans, qu’elle roule ensuite au rythme des vagues et des marées, au point de transformer cette pierre particulièrement dure en lourds galets arrondis. Mais l’érosion, dans son imperfection, laisse à ces formes sages le souvenir du temps où elles s’opposaient, majestueuses, à l’impétuosité des flots.

5

La Roche-aux-Fées, l’un des plus beaux monuments mégalithi­ques (à proximité d’Essé, Ille-et-Vilaine). Cette allée couverte compte quarante-deux pierres dont huit, formant plafond, pèsent plus de 40 tonnes cha­cune. Or, le schiste pourpré qui a servi à cette construction a dû être transporté sur plus de quatre kilomètres, selon des méthodes qui, à ce jour, restent inconnues. D’une longueur de 19 mètres, d’une largeur de 3 à 5 mètres et d’une hauteur intérieure de 1,25 à 2 mètres cette allée couverte est constituée par un vestibule bas, s’ouvrant au sud-est (à droite sur la photo), suivi d’une chambre divisée en quatre loges partiellement séparées. Les archéologues sont partagés quant à la fonction d’une telle allée couverte, chambre funéraire pour les uns, temple pour les autres. Il n’y a pas si longtemps, les amoureux se rendaient encore, à la nouvelle lune de printemps, à la Roche-aux-Fées. Tandis que le garçon faisait le tour du monument par la gauche, la jeune fille en faisait autant, mais par la droite. Si l’un et l’autre avaient découvert le même nombre de pierres, leur bonheur était certain. Si la diffé­rence ne dépassait pas deux, leurs chances étaient intactes. Au-delà, mieux valait qu’ils se quittent.

6

Alignements de Kermario, à Car­nac (Morbihan). Cet ensemble compte 1029 menhirs, groupés en dix rangées, longues de 1120 m et distantes d’une cen­taine de mètres. La plus petite de ces pierres levées atteint à peine 50 centimètres et la plus grande, aujourd’hui couchée, mesure 6,42 mètres. Il est vraisemblable que d’autres rangées, sans doute orientées différemment, complé­taient autrefois cet ensemble. Les archéologues ne sont tou­jours pas parvenus à donner une explication convaincante quant à la fonction de tels alignements. Pour certains, il s’agit d’un système destiné à observer les mouvements cosmiques et à pré­voir les éclipses. Pour d’autres, un tel lieu, dont la construction a dû demander des efforts déme­surés, constituait sans doute un but de pèlerinage. Pour d’autres encore, il s’agit là d’un temple dont la signification symbolique nous échappe.

7

Le tumulus de l’île de Gavrinis, dans le golfe du Morbihan. Cette pierre gravée, dont la significa­tion des dessins n’a pas été per­cée, mais dont l’harmonie force l’admiration, fait partie d’un des plus beaux tumulus d’Europe. Vingt-trois des vingt-neuf pierres qui le composent portent de tel­les gravures et l’ensemble, recou­vert de pierres sèches, se répartit en un couloir de 14 mètres de longueur et en une chambre funéraire de 2,60 sur 2,50 mètres, protégée par une énorme dalle de 12 mètres cube. Le tumulus de Gavrinis était sans doute une sépulture royale, à une époque proche de 2000 av. J. -C.

8

Le menhir de Kerloas, près de Plouarzel, est le plus haut du Finistère. Il mesure 12 mètres et, à un mètre de sa base, il est renflé de deux bosses diamétrale­ment opposées, qui devaient être autrefois l’objet d’un culte phalli­que et qui, jusqu’au début de ce siècle, furent un objet de vénéra­tion pour les jeunes mariés. L’homme qui frottait son ventre à l’une des bosses était assuré d’avoir des enfants mâles… et la femme qui se frottait à l’autre pouvait nourrir l’espoir de domi­ner son mari.

9

Le magnifique château de Vitré (Ille-et-Vilaine) date des XIVe et XVe siècles. On y entrait par un pont-levis, surplombé d’un solide châtelet flanqué de deux tours à machicoulis. Rien d’éton­nant à de telles fortifications: Vitré était la première ville de Bretagne sur le chemin de Paris à Rennes, et on sait que les rap­ports entre la France et la Bre­tagne n’ont pas toujours été empreints d’une grande con­fiance… Vitré est la cité de Bre­tagne qui, avec son château, sa «ville close» et ses ruelles, a le mieux gardé l’aspect d’autrefois.

10

Le château de Josselin (Morbi­han). La façade du corps de logis, faite de granit artistique­ment sculpté, donne une impres­sion de paix et d’harmonie, d’au­tant plus surprenante que la façade opposée présente, elle, tous les aspects d’une forteresse imprenable, surplombant la rivière Oust. C’est que Josselin, fief de la famille des Rohan, a vu plus de guerres que de fêtes. Les destructions ont été nombreuses et, chaque fois, les reconstruc­tions ont été plus somptueuses, à la mesure de la famille dont l’or­gueilleuse devise était: «Roi ne puis, prince ne daigne, Rohan suis.»

11

Le retable des Cinq Plaies, dans l’église de Commana (Finistère). Ce chef-d’œuvre baroque a été offert au recteur (curé) de Com­mana en 1682, par les habitants de la paroisse désireux de se faire pardonner les sévices qu’ils lui avaient fait subir lors de la révolte des Bonnets rouges. Sur ce détail, on voit le Christ mon­trant ses plaies et couronné par deux anges.

12

La chapelle de Notre-Dame du Crann (Finistère) possède un remarquable ensemble de vitraux datant du XVIe siècle, représentant la Passion et le Jugement dernier, la vie de la Vierge, le baptême du Christ, les légendes de saint Eloi et saint Jacques de Compostelle, le mar­tyre de saint Laurent.

13

Le calvaire et l’église de Guimi­liau (Finistère). Ce calvaire est l’un des plus beaux de Bretagne. Au-dessous de la croix de faîte, on note la présence de deux groupes de deux statues, la Vierge et saint Jean d’une part, saint Pierre et saint Yves de l’autre. Sur la plate-forme, près de deux cents personnages retra­cent les épisodes de la Passion. Parmi ces personnages figure Katell gollet («Catherine per­due»), dont la légende est très populaire en Bretagne. Katell, jeune fille coquette, avait offert à son amant une hostie consacrée. Mais son amant n’était autre que le Diable et le châtiment de Katell, représenté par les flam­mes de l’Enfer, fut terrible. Longtemps, cette histoire servit aux recteurs pour dissuader leurs jeunes ouailles de toute coquet­terie. Le clocher de l’église date du XVIe siècle, le reste de l’édi­fice a été construit au XVIIe.

14

Cette femme, venue de la région de Quimper, participe à la Grande Troménie de Locronan. Elle porte le borleden, coiffe de dentelle de proportions modes­tes, assortie de collerettes harmo­nieuses. Quant au costume de lourd velours sombre, il est brodé et perlé.

15

La Grande Troménie de Locro­nan (Finistère) a lieu tous les six ans. Cette manifestation reli­gieuse attire les pèlerins de toute la Basse-Bretagne. Regroupés en paroisses (ici, une paroisse venue de la région de Quimper) ou venus en solitaires, les fidèles marchent sur les traces de saint Ronan, un Irlandais dont la légende est chère au cœur de tous les Bretons. Le circuit de la Troménie, long de 12 kilomètres, fait le tour de la montagne, puis grimpe à flanc de coteau pour s’arrêter en douze stations, où les pèlerins exposent saints et reli­ques. La prochaine Grande Tro­ménie sera organisée en 1989.

16

L’Enfer de Kernascléden (Morbi­han). Cette fresque, datant du XVe siècle, est l’une des plus bel­les et des plus curieuses de cette époque. L’artiste qui a figuré les supplices des damnés ne man­quait pas d’imagination. Dans une énorme marmite, le Diable tourne sa fourche tandis que les suppliciés sont, suivant leurs pêchés, transpercés, pendus, lacérés, ou mordus par des démons, sous le regard attentif de spectateurs que ces redouta­bles punitions ne semblent guère émouvoir.

17

Détail du calvaire de Notre-Dame de Tronoën (Finistère). Ce calvaire, édifié entre 1450 et 1470, est sans doute le plus ancien de Bretagne. Les person­nages ont été rongés par les vents et les embruns de la mer proche, ce qui leur donne un aspect fantomatique, renforcé par la présence de lichens aux reflets changeants. Des statuettes, retrouvées à pro­ximité, indiquent que des cultes, vraisemblablement voués à Vénus, furent célébrés ici bien avant l’époque chrétienne.

18

La chapelle de Saint-Fiacre, près du Faouët (Morbihan). Ce détail du jubé, situé entre nef et tran­sept, est une merveille de l’art flamboyant. Sculpture de bois polychrome, il s’agit là d’une véritable dentelle qui, réalisée en 1480, a parfaitement résisté aux épreuves du temps.

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Intérieur de la chapelle de Saint­-Tugen, à Primelin (Finistère). La statue de saint Tugen, à gauche, le montre un chien à ses pieds. La légende veut en effet que le saint, tenant en mains une clef, ait eu le pouvoir d’éloigner les chiens enragés. Par extension, il est aussi invoqué pour chasser les rages de dents. Au centre, l’autel de Notre-Dame de Grâce présente deux belles statues, une Vierge-Mère en bas, une Mère des Douleurs en haut. On notera aussi, sur les colonnes torses, la présence de pampres de vigne et de grappes de raisin, ce qui peut surprendre dans une région où l’on ne cultive pas la vigne.

20

Sortie de la messe à Pont-l’Abbé (Finistère). Devant le porche de l’église Notre-Dame des Carmes, cette vieille femme du Pays bigouden sort quelques minutes avant la fin de la messe, pour évi­ter la foule. Dans son attitude, son vêtement et sa démarche, on note quelques-unes des caracté­ristiques de l’Armor, pays de la mer, où les travaux des champs, qui précipitent la voussure du corps, sont réservés aux femmes, tandis que les hommes prennent la mer, sur des bateaux de pêche ou de marine marchande. Le métier de pêcheur est fatigant et dangereux. La mort est parfois au rendez-vous et les veuves, tout de noir vêtues, sont nom­breuses. Mais elles ne sont pas exclues de la collectivité, quel que soit leur âge. Les dimen­sions humaines des cités, l’en­traide et la fraternité chrétiennes empêchent généralement que les vieilles personnes doivent finir leurs jours dans des hospices-mouroirs. Quant au parapluie, il est nécessaire en Bretagne, tous les jours que Dieu fait, à qui ne veut pas être mouillé par une averse impromptue, et n’a plus les jambes assez agiles pour cou­rir s’abriter.

21

Le pardon de Sainte-Anne d’Au­ray (Morbihan) à la nuit tombée. Le 26 juillet, chaque année, des milliers de pèlerins se retrouvent ici pour commémorer ce jour de 1623 où sainte Anne apparut au laboureur Yves Nicolazic et lui demanda de relever une ancienne chapelle, autrefois éri­gée au beau milieu de son champ. Sainte Anne est considérée comme la patronne de la Bretagne. Son culte, répandu en Occident au retour des Croi­sades, a été favorisé par la duchesse Anne à la fin du XVe siècle.

22

Après la messe du dimanche, à Pont-l’Abbé comme dans toute la Bretagne, c’est l’occasion de se rencontrer et de parler de la vie du pays et de la famille. Tandis que les hommes, moins nom­breux, ont plutôt tendance à filer au café, les femmes restent sur le parvis. Pour se rendre à l’église, les femmes portent plus volon­tiers la robe noire que le costume de cérémonie. Mais elles ne renoncent toujours pas à arborer la très belle coiffe du Pays bigouden.

23

Claude Le Roux fabrique, dans la région de Guingamp (Côtes-du-Nord) la structure de bois de harpes celtiques. Il ne s’occupe pas de la lutherie de ses instru­ments, et en confie le soin à un artisan de Brest. La harpe bre­tonne, qui avait presque totale­ment disparu, jouit depuis quel­ques années d’un véritable renouveau, dû à un indéniable regain de la tradition, mais aussi aux adaptations plus modernes qu’a su en tirer Alan Stivell.

24

Claude Simon, sabotier à Camors (Morbihan). Les Celtes, qui ont été les inventeurs du ton­neau, étaient de bons artisans pour qui la fabrication de chaus­sures de bois ne présentait pas de difficultés particulières. Aujourd’hui, la part de l’artisan consiste, en partant d’une ébauche obtenue mécanique­ment, à en façonner le confort intérieur et, surtout, à en décorer l’extérieur. Dans la Bretagne rustique et agricole, on continue de porter les sabots et on en trouve aisé­ment sur la plupart des marchés.

25

En été, les festou-noz attirent un public nombreux. Dans un décor champêtre, à l’abri d’un bosquet ou dans une cour de ferme, on déguste les galettes, les crêpes ou, comme ici à Naizin (Morbihan), les tripes. La taille et le nombre des chaudrons donnent une idée de l’affluence. Aux villageois se mêlent les Bre­tons «exilés», qui ne ratent pas une occasion de revenir au pays, et les touristes, bienvenus pour autant qu’ils se fondent dans les coutumes du lieu.

26

Sonneurs bretons lors d’un fest­-noz près de Lannion (Côtes-du-Nord). On voit ici le couple d’instruments le plus fréquent et le plus populaire de Bretagne, bombarde à gauche, biniou-koz (vieux biniou) à droite. Le biniou-koz, plus petit que la cor­nemuse écossaise, ne possède qu’un bourdon et joue à l’octave de la bombarde.

27

Sonneur de bombarde à la fête de Cornouaille de Quimper (Finistère). La bombarde est un instrument fort ancien, cousin de la raïta arabe et de la musette du XVIIe siècle, ancêtre de l’actuel hautbois. Pas une fête, en Bre­tagne, sans une bombarde et un biniou. Avec le travail de l’anche aux lèvres et la possibilité de deux octaves, la bombarde est, techniquement, plus complète que le biniou. Mais ce dernier, par le jeu personnel qu’il permet et par son aspect plus attachant, a ravi, au fil des siècles, le premier rôle à la bombarde.

28

Sonneur de cornemuse écossaise défilant lors de la Fête de Cor­nouaille à Quimper (Finistère). La cornemuse écossaise, que les Bretons nomment biniou-bras (grand biniou), est d’importation récente. Elle est particulièrement utilisée par les bagadou, groupes locaux aux allures souvent mar­tiales. Les bagadou se produisent principalement lors de défilés et rythment plutôt la marche que la danse. Les puristes du folklore breton ne trouvent à la corne­muse écossaise que peu de ver­tus et estiment très envahissant le son continu des trois bour­dons. Ils déplorent aussi le manque de sensibilité musicale, inhérent à tout jeu collectif.

29

A la Fête de Cornouaille à Quimper (Finistère), production du groupe de Pont-1 Abbé. En Bretagne, la danse est indisso­ciable de la tradition, de la musi­que et du goût populaire. Sur un rythme donné par les sonneurs de biniou et de bombarde, la «suite bretonne» s’ouvre sur une gavotte, danse haute et nerveuse, la préférée des danseurs et du public. Mais le goût breton s’est, de tous temps, ouvert aux influences extérieures, quadrille régence, polka louis-philippe et, particulièrement en Cornouaille, jabadao.

30

Coiffe et collerette du Pays de Fouesnant (Finistère). Egale­ment appelé guise de Fouesnant (giz Foën), cet ensemble est particulièrement seyant, mais sa fabrication est très compliquée. Outre les dentelles de la coiffe et du gorgerin, la collerette à godrons est obtenue par la savante juxtaposition de près de trois cents «pailles», provenant de graminées soigneusement cueillies (la tige doit être ronde et sans noeud) dans la lande sur­plombant l’océan. Le tout, intro­duit dans le tissu, est ensuite empesé et repassé. C’est dire si la tenue de cette collerette est à la merci d’un faux mouvement ou d’un méchant orage.

31

Coiffe et costume de Quimper (Finistère). La coiffe, appelée borleden, s’était affadie au début de ce siècle mais elle a, depuis quelques lustres, tendance à se rehausser. Faite de fine dentelle, elle est plus discrète que celle des pays voisins, mais cette rete­nue accentue encore la beauté du visage. Le costume est sobre et la collerette de velours sombre pourrait sembler austère, n’était l’éclat d’une broderie légèrement perlée.

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Fillette en costume du Pays de Fouesnant, photographiée à la Fête de Cornouaille à Quimper (Finistère). L’émeraude des yeux et l’or des cheveux semblent assortis aux tons du costume et à la gaieté du bouquet. L’aisance du port montre bien que, même si chacun ne porte pas quotidien­nement le costume traditionnel, il s’y attache un sentiment mêlé de fierté et d’habitude.

33

Très particuliers, le costume et la coiffe de l’île de Sein sont empreints d’une indiscutable austérité. C’est que, sur l’«île des trépassés», la vie est particulière­ment rigoureuse, que le travail des femmes ne leur laisse guère de temps pour broder ou faire de la dentelle, et que l’éloignement imposé par la mer a permis une évolution insulaire, très diffé­rente de celle des terriens.

34

Costume d’homme de Pont-l’Abbé (Finistère). La spécialité du lieu, ce n’est pas un hasard, est la broderie et, chaque année, se déroule dans la capitale du Pays bigouden une «Fête des Brodeuses» particulièrement haute en couleurs. Les broderies, faites de laines et de soies jaune ou orange sur fond de velours noir, sont de véritables chefs‑d’oeuvre. Les motifs, très diffé­rents des motifs floraux qu’on trouve dans les autres régions, semblent emprunter leurs sym­boles dans la tradition celtique, voire dans les dessins gravés sur certains mégalithes. On remar­quera le coeur d’or, brodé à l’em­placement même du coeur de l’homme.

35

Jeune femme de Pont-l’Abbé, en costume et coiffe traditionnels. Il s’agit certainement là du plus riche, du plus beau et du plus surprenant costume de toute la Bretagne. Les broderies de laine et de soie orange, sur fond de velours sombre, sont exception­nelles. La broderie a d’ailleurs été – et reste – la somptueuse spécialité de Pont-l’Abbé, où les meilleurs artisans sont appelés à confectionner des broderies qu’on retrouvera dans la bouti­que des grands couturiers de Paris ou à la manche des acadé­miciens français. Quant à la coiffe, véritable menhir de den­telle qui n’a cessé de croître au fil des années, elle est l’une de celles que l’on rencontre encore très souvent, même en semaine. C’est d’autant plus méritoire que cette tenue ne s’accommode guère des contraintes de la vie moderne, et que l’omniprésence des vents d’océan peut compro­mettre à tout instant l’élégance des coquettes de Pont-l’Abbé.

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Notre découverte de la Bretagne ne s’est pas limitée aux sites et au folklore. Elle est passée, aussi, par l’amitié. Comment ne pas ressentir le respect le plus cha­leureux pour un regard tel que celui-ci? Pierre Kérisit vit à Esquibien (Finistère), sur la lande parsemée de genêts qui domine la baie d’Audierne et guette les embruns du grand large. Regard scrutateur, sourcils en garde, mais bonhomie exi­geante des traits, Pierre fut, au ser­vice de la marine marchande, le modeste coureur de tous les con­tinents. Ramené à terre par la maladie et la retraite, il est resté ce que sont des milliers de Bre­tons, un homme de la mer, tout de sagesse, de curiosité, de bien­veillance et de discrétion.

37

Retour d’un chalutier dans le port d’Audierne (Finistère). A l’exception de Saint-Malo, la pêche est surtout le fait des ports de la côte sud, ouverts sur l’At­lantique. Mais la pêche, qui a longtemps été la seule ressource du littoral, souffre de crises cycli­ques, dont la fermeture progres­sive des conserveries accentue les effets. Pourtant, la pêche reste, aujourd’hui encore, le seul travail possible pour le plupart des Bretons du littoral, qui ris­quent ainsi de devoir s’exiler à Paris.

38

La criée aux poissons à Concar­neau (Finistère). A minuit débute le déchargement des cha­lutiers, sardiniers, thoniers, reve­nus dans la journée de la pêche côtière ou d’une longue cam­pagne lointaine. Ensuite, alors qu’approche le matin, la criée permet aux professionnels de la distribution ou de la conserve d’acheter, lors de ventes aux enchères si rapides que seul un habitué peut s’y mêler, les lots de thon, de baudroie, de cabillaud, de maquereau, de merlan, de sole, de rouget ou de sardine.

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Déchargement d’un sardinier, au petit matin, dans le port de Con­carneau (Finistère). Cette pêche, pratiquée à proximité des côtes, est saisonnière. Le reste du temps, les barques et chalutiers rapportent congres, merlus et maquereaux.

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Quelques-uns des poissons de la pêche bretonne: bar, daurade, pageot, rouget et aussi saumon, qu’on pêchait autrefois à l’em­bouchure des rivières mais que les marins vont désormais pêcher dans les mers froides, à moins qu’ils ne soient élevés dans les bassins d’aquaculture du littoral.

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Pêcheurs d’Audierne (Finistère) nettoyant et réparant les filets de pêche à la sardine. Les filets sont désormais de matière plastique, le sardinier dispose d’un radar et la navigation à voile a définitive­ment cédé le pas au moteur à explosion. Mais la pêche est tou­jours aussi aléatoire et les prises trop systématiques ont appauvri les bancs.

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Barques de pêche à marée basse dans le port d’Erquy (Côtes-du-Nord). L’activité principale est la pêche de la coquille Saint‑Jacques, mais cette agréable cité, abritée par le splendide cap d’Erquy, attire aussi de nombreux touristes, britanniques pour la plupart, que charment les plages de sable et la douceur du climat.

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Job, goémonier à la retraite, n’a pas pu se passer complètement de la mer. Chaque jour, il s’en va, seul, sur sa barque et le soir, au bord du chemin, il vend ses modestes prises. Ici, ce sont des vieilles, poissons dont la particu­larité est de changer de couleur selon la nature des fonds. A noter que Job porte des sabots, ce qui serait normal pour un pay­san, mais pas pour un pêcheur. Sans doute cela lui reste-t-il du temps où son métier de «labou­reur de la mer» consistait à récol­ter le goémon.

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Paysage de lande au nord d’Au­dierne (Finistère). Le calme de la mer, la douceur des formes et des couleurs, le chatoiement des genêts, la clémence du ciel et la fragilité apparente de l’unique maison permettent difficilement d’imaginer que, les jours de tem­pête, le vent et l’océan rivalisent de fureur et de violence. C’est sur une lande proche et sem­blable que devait être construite la centrale nucléaire de Plogoff. Mais les habitants, soutenus par des écologistes venus des quatre coins d’Europe, sont parvenus à sauver de l’offense ce magni­fique paysage.

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Guy Caous, pêcheur de Pors­-Even, répare sur le quai du port ses casiers à homards, qu’il ira ensuite déposer près des rochers de la pointe de l’Arcouest ou de l’île de Bréhat (Côtes-du-Nord). Les traditionnels casiers de châ­taignier cèdent peu à peu le pas aux casiers de matière plastique, d’un entretien plus facile.

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A en croire le bleu, le blanc et le rouge dont il badigeonne son bateau, Toussaint Calvez ne regrette pas trop que la Bretagne soit devenue française. Comme d’autres marins de Paimpol (Côtes-du-Nord), Toussaint a fait plusieurs fois le tour du monde. Mais le port de Paimpol est devenu trop grand. C’était autre­fois le centre incontesté de la pêche à la morue. On appelait les Paimpolais les «Islandais», du nom de leurs lieux de pêche. Leurs expéditions duraient des mois et la morue salée, menu obligé des vendredis catholiques, faisait la richesse de Paimpol.

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Le plateau de fruits de mer, clas­sique de la gastronomie bre­tonne. Selon les saisons et les régions, il varie en quantité et qualité. Ici, on trouve une lan­gouste, un homard, un crabe, des crevettes, des langoustines, des praires et des huîtres creuses, le tout délicatement posé sur un lit de goémon.

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Les araignées de mer se pêchent par millions à proximité des côtes rocheuses du Finistère. Comme le crabe et, dans une moindre mesure, les autres crus­tacés, l’araignée a longtemps été dédaignée, non seulement par les gastronomes patentés, mais aussi par les habitants des ports bretons. Aujourd’hui, on en trouve sur presque tous les menus et les petits pêcheurs côtiers en vendent au bord de la route.

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Pêcheur d’Audierne (Finistère) déchargeant des langoustes vivantes. Audierne reste l’un des principaux centres bretons de la langouste. Le port est équipé d’immenses viviers qui permet­tent de garder langoustes, homards et crabes durant plu­sieurs semaines, avant d’expé­dier les crustacés, vivants, à destination de toute l’Europe. Les pêcheurs continuent de poser leurs casiers à proximité des côtes mais, pour le homard et, surtout, la langouste, des bateaux très particuliers ont été construits, qui permettent de ramener vivantes des prises effectuées au large de la Maurita­nie, de Cuba ou des îles Britan­niques.

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Parcs à huîtres dans la baie de Cancale (Ille-et-Vilaine). Depuis plus d’un siècle, Cancale s’est fait une spécialité de l’huître plate, que les amateurs peuvent déguster dans les bars du port et que les grossistes expédient aux quatre coins de l’Europe. Hélas, suite à une inexplicable épizoo­tie survenue en 1920, Cancale ne pratique plus que l’élevage des huîtres plates, qui naissent sur la côte sud, dans le golfe du Morbi­han. De plus, l’huître bretonne est particulièrement sensible à la pollution. Aussi, sa production se double, depuis de nombreu­ses années, de celle des huîtres creuses, plus résistantes, et sur­tout des moules. Mais, problème supplémentaire, huîtres creuses, huîtres plates et moules refusent toute cohabitation.

51

Les bateaux meurent aussi. Les crises successives de la pêche bretonne, l’évolution des techni­ques et des matériaux (même si la construction navale continue d’utiliser le bois en priorité), la concentration économique et le prix du carburant font que les bateaux, aujourd’hui, meurent plus souvent à l’embouchure calme des rivières (ici l’estuaire du Goyen, à Audierne) que dros­sés sur les rochers par une tem­pête subite.

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La Belle-Poule, navire-école de la Marine française, croisant au large de la presqu’île de Crozon (Finistère). Il existe actuellement deux de ces goélettes en France, la Belle-Poule et l’Etoile. Elles ont été construites en 1932 à Fécamp (Normandie) et constituent des répliques exactes des navires morutiers qui, à la fin du XIXe et au début du XXe siècle, ont fait la richesse de ports comme Paimpol (Côtes-du-Nord). En 1904, à l’apogée de la pêche morutière française, 525 navires, armés par seize mille hommes, partaient pour des campagnes de plusieurs mois, à proximité des côtes d’Islande et de Terre-Neuve.

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Ile d’Ouessant, Finistère. Ce détail d’un modeste intérieur tra­ditionnel résume bien la vie simple des îliens et leur attache­ment au passé. Le Christ en croix et les saints traduisent leur foi profonde. La vaisselle, prove­nant sans doute de Quimper, date des quelques voyages que la mère de famille a dû effectuer sur le continent. Les navires à voile, dans la bouteille et sur une gravure, rappellent que la mer est, depuis des générations, l’uni­que métier des hommes.

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Vieille femme d’Ouessant (Fini­stère) filant la laine. Les habi­tants de l’île n’avaient autrefois que de rares contacts avec le continent. Aussi l’économie familiale devait-elle être auto­suffisante. C’est une des raisons pour lesquelles, tandis que les hommes travaillaient comme pêcheurs ou marins de la marine marchande, les femmes s’occu­paient d’élever des moutons et de filer leur laine, destinée à la confection de vêtements permet­tant d’affronter le climat rude et humide de l’île, battue par les vents de mer.

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Façade d’une maison d’Ouessant (Finistère). Les dimensions en sont modestes. Au rez-de-chaus­sée, la cuisine est traversante, ce qui permet de laisser entrer un peu plus de lumière. On note, sur le mur, la présence de diffé­rents lichens, révélateurs d’un climat humide, ainsi que, sur le toit, l’utilisation de ciment pour retenir les ardoises, précaution indispensable les jours de grand vent.

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L’épave du Veni-Vidi, échoué en 1980 dans la baie de Lampaul. Les parages de l’île d’Ouessant (Finistère) sont particulièrement dangereux et des centaines de navires ont été drossés sur le rivage ou les écueils. Les Ouessantins, qui ont toujours fait preuve d’un grand courage pour secourir passagers et équipages des bateaux en difficultés, tien­nent en revanche à conserver leur «droit de bris», qui permet de s’approprier les marchandises que la mer rejette sur le rivage.

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Louis Chapel, gardien du phare de Saint-Mathieu (Finistère) en inspecte l’optique. Construit sur une falaise, le phare domine le rocher de 36 mètres et la mer de 56 mètres. Une lampe de 1500 watts, associée à l’optique de cristal de Bohême, porte son éclat à 60 kilomètres. A condi­tion de gravir les 167 marches, on découvre d’ici un magnifique panorama englobant les îles de Sein, Molène et Ouessant, ainsi que le goulet de Brest, la pres­qu’île de Crozon et la pointe du Raz.

58

Tonte d’un mouton sur l’île d’Ouessant (Finistère). On compte environ mille deux cents moutons sur l’île. Pendant quatre mois, d’octobre à février, les ani­maux vivent en totale liberté. Le premier mercredi de février, des rabatteurs les regroupent et, au vu des marques d’oreilles, les remettent à leurs propriétaires, contre une modeste rétribution.

59

Le phare du Creac’h, sur l’île d’Ouessant (Finistère). Ce phare, mis en service en 1862, resta longtemps le plus puissant du monde. Son importance tient à la proximité d’une route maritime à grand trafic. Au premier plan, la profusion d’algues s’explique à la fois par l’importance des embruns de mer et par le ruissel­lement d’eau douce provenant d’une roselière située en sur­plomb.

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Marée basse sur l’île de Batz (Finistère). Le relief de l’île est modeste et les courants marins lui confèrent un climat doux. Mais les alentours de l’île sont peuplés par un univers d’innom­brables récifs.

61

Goémonier sur l’île de Batz (Finistère). A marée basse, le ramassage du goémon se faisait autrefois avec une Charette tirée par un cheval. Le tracteur a pris la relève mais le goémon est tou­jours prisé. Une partie de la récolte est vendue aux industries pharmaceutiques, l’autre sert d’engrais dans les champs de l’île et permet, grâce au climat clé­ment, une importante produc­tion de primeurs.

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Une colonie de fous de Bassan dans l’archipel des Sept-Iles, au arge de Perros-Guirec (Côtes­-du-Nord). L’îlot de Riouzig (ou Rouzic) est actuellement le prin­cipal lieu de nidification du fou le Bassan. Installée depuis 1939, la colonie compte aujourd’hui 1500 couples. La Réserve Albert­-Chappellier, qui protège les Sept-Iles, abrite aussi des macareux moines, des mouettes tridactyles, les cormorans huppés, différents goélands, ainsi que des huîtriers, les pétrels et des puffins. L’abor­dage est interdit, sauf sur l’île aux Moines.

63

Un goéland argenté surveillant son oeuf, pondu dans l’une des rares touffes d’herbe de la côte rocheuse (Réserve ornithologi­que du cap Sizun, Finistère).

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L’île de Sein (Finistère) au prin­temps. A cette saison, l’île est calme, les touristes ne sont pas encore venus…

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Femmes de l’île de Sein (Finistère). Le noir des vêtements ne traduit pas le deuil, mais la tradi­tion. La plupart des femmes se fêtent de noir et le costume de cérémonie est, lui aussi, complè­tement noir.

66

Arrivée à Sein de la vedette Enez Sun, qui assure la liaison quoti­dienne, en une heure, avec le continent. Les Sénans ont refusé l’installation d’un aérodrome sur ‘île. Le bateau constitue donc le seul lien avec le reste du monde, à l’exception des interventions l’urgence, assurées par hélicop­tère. A Sein, on rencontre sur­tout des femmes. Les hommes sont en mer, à la pêche ou dans la marine marchande.

67

Le phare de la Vierge est le plus haut de France (77 mètres). Il domine la côte des abers, au nord-ouest du Finistère. Elle Vierge, sur laquelle est construit e phare, se trouve à proximité lu rivage. On y accède par bateau et, à marée basse, elle est reliée à la terre par une chaîne de récifs.

68

La maison bretonne, même de construction récente, conserve son aspect traditionnel. Deux pignons simples, dans lesquels s’insèrent les cheminées, des ouvertures modestes et peu nombreuses; un toit d’ardoise dont les pans s’arrêtent à l’aplomb des pignons – village de Ploubalay, Côtes-du-Nord. D’Ar­mor en Argoat, seul l’horizon change. Champs de blé et de colza remplacent l’immensité de l’océan.

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Vieille maison dans la forêt de Paimpont (Ille-et-Vilaine). Murs de pierres sèches, toits d’ardoise, cette ferme a été construite en plusieurs étapes, ce qui explique que la solide cheminée, bâtie dans un des pignons, se trouve aujourd’hui en retrait d’une grange, de construction relative­ment plus récente. La forêt de Paimpont n’est autre que l’antique forêt de Brocé­liande, où la légende place les aventures de l’enchanteur Merlin et de la fée Viviane.

70

Intérieur d’une maison ancienne dans les monts d’Arrée (Finis­tère). Cette maison, située dans le village des Moulins de Kérhouat, à proximité de Commana, est un des éléments constituant l’Eco­musée des Monts d’Arrée, mis en place par le Parc naturel régional d’Armorique pour pré­server des sites anciens, insérées dans la vie contemporaine. On remarquera l’épaisseur des murs, les dimensions modestes de la fenêtre et, surtout, à gauche, le très beau lit clos et ses boiseries sculptées.

71

A proximité de Pleyben (Finis­tère), cette maison du village de Saint-Rivoal constitue un autre élément de l’Ecomusée des Monts d’Arrée. Construite en 1702, elle fut longtemps affermée par les cisterciens de l’abbaye de Plounéour Menez. Les murs sont faits de grès armoricain et de schiste, la toiture d’ardoise. On notera le faite croisé, la che­minée sortant par un pignon surélevé construit au-dessus d’une façade. Une telle disposi­tion est rare et géographique­ment limitée.

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Vieille femme épluchant de l’ail, dans une ferme du hameau de Kergazec (Morbihan). C’est l’oc­casion de rappeler que la société bretonne, attachée à la tradition et aux liens familiaux, fait place entière aux personnes âgées. Même dans les villes, les mai­sons de retraite et autres asiles pour personnes âgées restent l’exception.

73

Cueillette des artichauts aux environs de Saint-Pol-de-Léon (Finistère). La culture de l’artichaut, qui convient parfaitement au climat, tient une place impor­tante dans l’agriculture bretonne. Malheureusement, malgré une promotion intense, la mévente crée, certaines années, de bruta­les réactions des paysans. Il n’est pas rare que soient déposées, en signe de mécontentement, des tonnes d’artichauts devant des bâtiments officiels. La cueillette, qui nécessite une grande habi­leté, se pratique à la levée du jour, afin que les artichauts, échappant ainsi à la rosée du matin, se conservent jusqu’à leur arrivée sur les marchés.

74

Si certaines exploitations agrico­les, surtout dans l’est de la Bre­tagne, se sont largement moder­nisées, on rencontre encore, surtout dans les départements de l’ouest, comme ici dans le Mor­bihan, de très nombreuses fer­mes aux dimensions modestes. Quelques hectares de cultures et une poignée d’animaux de bas­se-cour suffisent à peine à faire vivre des paysans âgés, pourtant habitués à une vie fruste. Mais il n’est pas sûr que leurs enfants ne devront pas s’exiler pour trouver des conditions de travail moins précaires.

75

La place Saint-Pierre à Vannes (Morbihan). Les maisons à pignons de ce vieux quartier abritent aujourd’hui des maga­sins de luxe, installés dans une zone piétonnière que fréquen­tent nombre de touristes. C’est à Vannes qu’en 1532, les Etats de Bretagne ont proclamé le rattachement de la Bretagne à la France. Un rattachement qui, aujourd’hui encore, n’est pas vraiment accepté par tous les Bretons.

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Confection des galettes de sarra­sin. La pâte est faite de blé noir (sarrasin), d’eau, de sel et d’un œuf Assez liquide, elle doit reposer plusieurs heures avant d’être étalée sur la galettière brû­lante. On accompagne la galette de saucisses ou d’un simple mor­ceau de beurre. Avec les galettes et les crêpes, on boit volontiers du cidre sec ou du lait caillé. La galette est le mets le plus tradi­tionnel de Bretagne et on la déguste dans tous les festou-noz, ces veillées populaires consa­crées aux musiques et aux dan­ses bretonnes.

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A Pont-l’Abbé (Finistère) plus que partout ailleurs, le port de la coiffe, pourtant particulièrement haute, est resté d’un usage quoti­dien. Il n’est donc point besoin d’attendre une fête folklorique pour rencontrer, dans les rues, une Bigoudène arborant son «menhir de dentelle». Si l’aéro­dynamisme y perd, la tradition y gagne.

78

Les marais de Brière, situés dans le Département de Loire-Atlanti­que, font administrativement partie de la Région des Pays de Loire, et non de la Bretagne. Mais, pour les Bretons, il est bien évident que la frontière de la Bretagne correspond au cours de la Loire et englobe toute la contrée, jusqu’à Nantes. En Brière, le niveau de l’eau monte avec l’approche de l’hiver et les nombreux animaux, sauvages ou domestiques, troquent alors de simples mares contre un vérita­ble lac.

79

Dans les marais de Brière (Loire-Atlantique). Mélanie Trémo­deux, qui vit sur la minuscule île de Fedrun, passe la plus grande partie de son temps sur l’eau. Elle y pêche l’anguille ou le pois­son-chat, prend à son bord les chasseurs de sarcelles, emmène les visiteurs pour une prome­nade qui permet d’observer des milliers d’oiseaux, de se faufiler dans les roselières, de découvrir des arbres pétrifiés ou d’observer le ramassage de la tourbe.

80

Parmi les genêts et les pins mari­times, le radôme de Pleumeur-Bodou (Finistère). Ce centre de télécommunications par satellite, dont la construction a débuté en 1961, assure la transmission d’images télévisées et de télé­communications diverses à tra­vers l’Atlantique. Il fait partie du système Intelsat, dont il assure aussi la poursuite, la télécom­mande et la surveillance des satellites. Une fois n’est pas cou­tume, nature et science cohabi­tent avec harmonie.

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Sortie des chantiers navals de Saint-Nazaire (Loire-Atlantique). Cette activité, qui a procuré du travail à plusieurs générations d’ouvriers, est actuellement en crise, du fait du ralentissement des échanges commerciaux et de la très forte concurrence impo­sée par le Japon et plusieurs pays du Tiers-Monde.

82

La station touristique et bal­néaire de la Baule (Loire-Atlanti­que). L’architecture moderne a fait de louables efforts pour s’in­tégrer au paysage. Hélas, comme dans tous les lieux de ce genre, au trop-plein de l’été correspond en hiver un désert presque total. Et cette forme de tourisme ne favorise en rien les échanges entre habitants et visiteurs. Au premier plan, un homme profite de la marée basse pour ramasser de petits coquillages.

83

Femme de Plounéour-Lanvern (Finistère) portant la coiffe du Pays bigouden. Cette photogra­phie permet d’admirer l’extraor­dinaire travail de dentelle néces­saire à la fabrication d’une telle coiffe. Dans le Pays bigouden, de très nombreuses femmes restent attachées au port de la coiffe, comme ici, lors de la réunion hebdomadaire des personnes âgées, dans un local de la com­mune. Si la tenue est farouche­ment bretonne, le jeu de cartes est, lui, tout à fait français: la belote.

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Le Mont Saint-Michel (Manche), se situe à l’exacte limite de la Bretagne et de la Normandie. La rivière Couesnon, qui évite le mont par l’ouest, lui a valu cette maxime amère:

«Le Couesnon en sa folie a mis le Mont en Normandie.»

Sur un îlot granitique de 80 mètres de haut et d’environ 900 mètres de tour, la construction de l’abbaye s’est faite par étapes, entre le VIIIe et le XVIe siècle. La «Merveille de l’Occident» reçoit chaque année la visite de centaines de milliers de pèlerins et de touristes, et vient d’être inscrite au patrimoine de l’huma­nité par l’UNESCO. De grands travaux de désensablement sont urgents, car la mer recule un peu plus chaque année, malgré une marée qui détient le record fran­çais d’amplitude, 14 mètres de différence entre haute et basse mer.

85

La cathédrale de Coutances (Manche). Il s’agit d’une des plus belles églises de l’école gothique normande. La première nef date de 1056 et a été construite sous la direction d’un des compagnons de Guillaume le Conquérant. Ces éléments romans ont été englobés, au XIIIe siècle, dans une nouvelle construction pure­ment gothique, selon des techniques qui forcent l’admiration des architectes.

86

Le château de Fontaine-Henry (Calvados). Construit aux XVe et XVIe siècles sur les fondations d’une forteresse du XIe, cet édi­fice est un bel exemple de l’ar­chitecture civile de la Renais­sance. La pierre de la façade, délicatement ciselée, confère un aspect gracieux et presque léger au corps de logis.

87

Galerie nord du cloître de Saint­-Wandrille (Seine-Maritime). Cette splendide abbaye bénédic­tine a été fondée en 649, dans le vallon de Fontenelle, par saint Wandrille, un proche du roi Dagobert, qui choisit de dédier sa vie à Dieu le jour-même de son mariage. La galerie nord, qui date du XVe siècle, comporte une porte voûtée, finement sculptée, et, surtout, un lavabo à six compartiments (à droite sur la photo) dont les arcatures, chef-d’œuvre mi-gothique, mi-Renaissance, évoquent des scè­nes du Nouveau Testament.

88

La Tapisserie de la reine Mathilde, à Bayeux. Cette magnifique pièce, qui est en fait une brode­rie de laine sur toile de lin, a été réalisée peu de temps après la conquête de l’Angleterre par Guillaume le Conquérant. Rien ne permet de l’attribuer à sa femme, la reine Mathilde, mais la tradition continue de le vou­loir ainsi. La tapisserie, qui mesure plus de 70 mètres de long sur 50 centimètres de haut, comporte 58 tableaux, retraçant les préparatifs de l’invasion, la traversée de la Manche et les combats victorieux en terre an­glaise. On voit ici l’arrivée du vaisseau ducal en vue de la côte anglaise, à Pevensey.

89

La Tapisserie de la reine Mathilde, à Bayeux. On voit ici l’avancée des troupes normandes en ordre de bataille. Comme dans le tableau précédent, les détails ont permis aux historiens une excel­lente connaissance de l’arme­ment et de la stratégie militaire utilisés lors de la bataille de Hastings (1066), qui permit à Guillaume le Conquérant, duc de Normandie, de devenir roi d’Angleterre.

90

Une ferme en Normandie. Cette vue a été prise à Crépon (Calva­dos). Le corps de logis et les dépendances ont été construits de part et d’autre d’une tour forte, datant sans doute des périodes troublées de l’histoire normande.

91

Retour des champs au hameau des Bas-Courtils (Manche). L’agriculture constitue l’un des points forts de l’économie nor­mande. L’élevage est surtout destiné à la production du lait et de ses dérivés.

92

Fabrication du fromage à Livarot (Calvados). Même si la produc­tion n’en est plus strictement artisanale, le caractère marqué de ce fromage du Pays d’Auge s’est conservé, comme celui de son proche cousin, le pont-l’évê­que. Le camembert, en revanche, semble avoir obéi aux lois du marché et de la producti­vité.

93

Fermette et basse-cour en Pays d’Auge. On notera les colomba­ges et la toiture, faite d’ardoises larges, disposées en quinconce.

94

Une vision typique du Pays d’Auge (Calvados), réputé pour son lait, ses fromages, son cidre et son fameux alcool, le calva­dos. Tout est réuni ici pour que les gastronomes, au bout de compte, puissent déguster les riches spécialités du terroir nor­mand: pommiers en fleurs et prairies grasses où se prélassent des vaches repues (la race nor­mande est tricolore, marron-­blond-blanc).

95

Un manoir à Bellou, petit village du Pays d’Auge (Calvados). L’ha­bitat de Basse-Normandie, dis­persé dans un pays de bocage, est à la fois cossu et chaleureux. On notera l’omniprésence des colom­bages et l’importance de la toiture.

96

Alambics de cuivre dans une distillerie de Sainte-Foy-de­-Montgommery (Calvados). Le cidre, qui est resté en tonneau pendant un ou deux ans, est ensuite distillé selon les métho­des traditionnelles qui permet­tent, en éliminant la tête et la queue de la distillation, d’élabo­rer un alcool au goût franc. Cet alcool devra ensuite vieillir plu­sieurs années dans des fûts de chêne pour acquérir la saveur qui a fait son renom.

97

Roger Laven, paysan normand, ne connaît qu’un apéritif, le pommeau. Sa fabrication se fait à partir de trois quarts de cidre encore doux et d’un quart de cal­vados. On peut aussi ajouter un peu de sucre. Le pommeau doit ensuite vieillir quelque temps en fût de chêne. Le pommeau, long­temps limité à la consommation familiale, vient d’être autorisé à la vente.

98

La Seine à Rouen (Seine-Mari­time). C’est en remontant la Seine que les premiers Vikings, inquiétant les rois de France jus­qu’à Paris, ont obtenu le duché de Normandie. C’est par elle que transite aujourd’hui un très important tonnage de denrées en tous genres, céréales, produits chimiques et, surtout, hydrocar­bures. Rouen, capitale de la Hau­te-Normandie, compte plus de quatre cent mille habitants et développe une activité économi­que et industrielle considérable, sans nuire pour autant à l’aspect de ville-musée qui fait son charme.

99

Rue Damiette et tour de l’église Saint-Ouen à Rouen (Seine-Maritime). Rouen, véritable ville-musée, a beaucoup souffert des bombardements de la seconde guerre mondiale. Mais la plupart des vieux quartiers ont été reconstruits selon les plans anciens et le visiteur pourra pas­ser des journées entières à découvrir les merveilles, visibles ou cachées, que renferme la ville.

100

Les falaises d’Etretat (Seine-Mari­time). La Falaise d’Aval, haute de 85 mètres, comporte une arche monumentale qui en fait un des lieux les plus surprenants de la côte normande. Ce relief est le résultat de l’incessant tra­vail des vagues et des marées, qui arrachent à la falaise ses pans les moins résistants et les roulent ensuite, sans fin, jusqu’à leur donner la taille et l’aspect des galets qu’on voit au premier plan. Derrière l’arche, on distin­gue l’Aiguille, située en pleine mer et haute de 70 mètres.

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Le quai Sainte-Catherine à Hon­fleur (Calvados). Le vieux bassin du port, créé par Duquesne, a conservé tout son cachet. C’est d’ici que partit Samuel de Cham­plain pour fonder, en 1608, la ville de Québec.

102

Un après-midi de printemps, à marée basse, sur une plage de sable proche du cap de Carteret (Manche). La promenade romantique prend des allures irréelles. Mais attention! Ici, dans la baie du Mont-Saint-Michel, la marée atteint 14 mètres d’ampli­tude et, sur les plages, l’eau avance parfois plus vite que ne peuvent courir les promeneurs.

 

 

 

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